Billet d'humeur

La guerre des galons

Par Yassine Aloulou, Commandant de Bord à Tunisair

Certes, ce qui se passe à Tunisair depuis quelque temps est indigne, mais le problème dans le fond n’est pas un problème d’uniforme ni de corporatisme. Loin s’en faut, les pilotes et les mécanos ont été de tout temps professionnels et solidaires tant ils étaient, les uns comme les autres au-dessus des polémiques et des calculs de tous genres.

La vérité, c’est que depuis le 14 janvier 2011, à l’image de tout le pays, Tunisair n’était pas à l’abri des manipulations et des batailles rangées entre gangs de malfaiteurs et autres opportunistes de tous genres, chose qui a fini par achever le peu d’espoir qui restait pour redresser la barre d’une compagnie qui continue de vivre depuis plusieurs années sur des reconnaissances de dettes.

Il faut faire remarquer ici que le passage de l’ex PDG, Sara Rejeb Ben Ammou, à la tête de l’entreprise pendant un peu moins de 2 ans, n’a fait qu’aggraver le malaise et précipiter Tunisair dans la débandade, la déroute et la dispersion tant les inégalités sociales et les passe-droits ont été ressentis à tous les niveaux sans exception, et tellement elle a développé, pour des ambitions personnelles en rapport avec sa propre carrière et sûrement par crainte de représailles, des connivences avec les syndicats de base, sol et air qui, pour la plupart se sont écartés visiblement des revendications ordinaires des fonctionnaires et employés, un peu comme ce qui s’est passé dans la santé publique ou encore dans l’éducation nationale et ailleurs, allant jusqu’à mettre la main sur les décisions managériales et les choix stratégiques des entreprises publiques.

Pour résumer, ce sont ces connivences malsaines entre l’ancienne PDG qui compte parmi les pires depuis l’indépendance et des syndicats de base on ne peut plus déchaînés qui ont amené en réalité à faire abstraction d’entorses infligées à tous les services de la compagnie pendant un temps, et qui éclatent aujourd’hui à lumière du jour sous forme de scandales ici et là, laissant entre autres sur le bord de la route des passagers nostalgiques d’une Gazelle qui rêvait de voler.

Un dernier mot, une autre vérité cependant, en dehors de la PDG et des syndicats il y a aussi une poignée d’individus qui tirent sur les ficelles, ouvertement sans se gêner, pour attiser et raviver un torchon qui brûle déjà, et pour saboter toute tentative de normalisation dans le seul but de cueillir des postes de responsabilités haut placés et effacer en passant ceux qui y sont déjà, bref..

À l’évidence, il se trouve que les plus jeunes parmi les pilotes et les techniciens ne sont pas ou pas tout à fait conscients de ces machinations perfides tant certains s’acharnent les uns contre les autres tels des ennemis jurés. Il y va sans aucun doute aujourd’hui de l’image et du prestige de Tunisair qui sont déjà trop affectés pour être assainis hélas, surtout quand ils sont piétinés sans pitié par des individus indignes de le servir ou de le représenter..

 

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